L'AGRICULTURE BIOLOGIQUE EN QUELQUES MOTS
L’agriculture biologique se distingue de tout autre agriculture par son mode de production. Elle est notamment fondée sur la non-utilisation de produits chimiques de synthèse. Quant à l’élevage, il est de type extensif. C’est-à-dire qu’il fait appel aux médecines douces et respecte le bien être des animaux.
Les deux grands principes de cette agriculture sont : le respect de l’écosystème et la non pollution.
Les origines de l’agriculture biologique
L’agriculture biologique trouve son origine dans les années 1920 à l’initiative d’agronomes, de médecins, d’agriculteurs et de consommateurs. Ils développèrent des réflexions et des pratiques agricoles alternatives reposant sur des principes d’autonomie et de respect des équilibres naturels.
Puis dans les années 70, les changements culturels et sociaux influencent largement le développement de l’agriculture biologique.
C’est en 1981 que les pouvoirs publics français reconnaissent officiellement l’agriculture biologique. Une Commission Nationale est créée, chargée de l’organisation et du développement de l’agriculture biologique en France et de l’homologation des cahiers des charges. Le règlement communautaire 2092/91 concernant le mode de production biologique du 24 juin 1991 reprend en grande partie les principes et définitions des textes législatifs français pour les appliquer dans un premier temps aux productions végétales, et depuis le 24 août 2000, aux productions animales.
Les principes de la réglementation
L’agriculture biologique est encadrée par des règles rigoureuses :
- Principes de production, de préparation et d’importation
- Listes positives de produits utilisables (fertilisation, traitements, transformation…)
- Définition des pratiques par type d’élevage
- Principes de contrôle, de certification, de sanction et d’étiquetage
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Les règles d’importation
Pour être reconnus comme "biologiques" les produits agricoles et alimentaires doivent :
- provenir de pays tiers dont la réglementation a été évaluée comme équivalente par la Commission européenne : Argentine, Australie, Costa Rica, Inde, Israël, Suisse, Nouvelle Zélande. En outre, cette réglementation précise la liste des produits agréés à l’importation en provenance de ces pays.
- ou avoir obtenu une autorisation d'importation délivrée par le ministère compétent d'un État membre.
Des produits sous contrôle
Pour être commercialisé comme issu de l’agriculture biologique, tout produit doit avoir été contrôlé et certifié par un organisme de contrôle agréé par les pouvoirs publics. En France, il existe six organismes de contrôle agréés: Aclave, Agrocert, Ecocert, Qualité France, SGS, Ulase.
De plus, les opérateurs agricoles (agriculteur, préparateur, distributeur ou importateur) doivent déclarer leur activité chaque année auprès des pouvoirs publics. Les contrôles annuels portent sur l’ensemble du système de production : parcelles agricoles, lieux de stockage, transformation, comptabilité matière, conformité des recettes et produits correspondants, garanties données par les fournisseurs, étiquettes…
Les contrôles consistent peuvent aussi donner lieu à des prélèvements pour analyse afin de vérifier la non utilisation de produits interdits (pesticides, OGM…).
Une marque spécifiquement française : la marque AB
La marque AB est la propriété exclusive du ministère français en charge de l’agriculture qui en définit les règles d’usage.
- Aliment composé d’au moins 95% d’ingrédients issus du mode de production biologique : mise en œuvre des pratiques agronomiques et d’élevage respectueuses des équilibres naturels, de l’environnement et du bien-être animal.
- Respect de la réglementation en vigueur en France.
- Certification placée sous le contrôle d’un organisme agréé par les pouvoirs publics français.
Une marque européenne
Les produits qui portent ce logo doivent respecter le Règlement (CEE) n° 2092/91.
Ainsi, ce logo peut être appliqué sur des produits qui :
- contiennent au moins 95% d'ingrédients issus du mode de production biologique,
- satisfont aux règles du régime de contrôle officiel,
- portent le nom du producteur, du préparateur ou du vendeur, ainsi que le nom ou le numéro de code de l'organisme de contrôle agréé.
CONFÉRENCE INTERNATIONALE SUR L’AGRICULTURE BIOLOGIQUE ET LA SÉCURITÉ ALIMENTAIRE (Rome, 3 - 5 mai 2007)
Lors de cette conférence il a été souligné que l’agriculture biologique permettait :
- d'améliorer les apports en nutriments des ménages, ainsi que leur capacité à se procurer des aliments grâce à l’intensification durable et à la commercialisation des produits de l’agriculture artisanale;
- d’atténuer la famine pendant les urgences alimentaires, grâce à la diversification et au renforcement de la stabilité des écosystèmes;
- de contribuer aux apports en micronutriments et à des régimes alimentaires plus sains, grâce à la réintroduction de variété sous-utilisées et à la diversification de la production;
- d’établir des systèmes alimentaires autonomes, en particulier à l’échelle des ménages.
En ce qui concerne la lutte contre la pauvreté, il a été souligné que l’agriculture biologique permettait :
- des débouchés dans le domaine de l’emploi, car elle nécessite 30 pour cent de
main-d’oeuvre en plus par hectare;
- de contribuer aux moyens d’existence durables en zone rurale, car elle permet un meilleur rendement du travail;
- de contribuer au développement rural, car elle revitalise les économies rurales;
- de contribuer à l’amélioration du bien-être social, grâce à des salaires équitables et un travail non axé sur l’exploitation du travailleur, qui permet d’améliorer le contrôle des ressources.
En ce qui concerne la durabilité de l’environnement, l’agriculture biologique:
- est un système alimentaire à empreinte énergétique faible, car elle interdit l’utilisation
d’engrais azotés;
- minimise les dégâts en tirant profit au maximum de l'efficience d'utilisation des
ressources et le recyclage de l’énergie et des éléments fertilisants;
- rétablit la biodiversité fonctionnelle et préserve les services environnementaux;
- diminue les coûts de transport et de transaction, grâce à des chaînes alimentaires à approvisionnements rapprochés gérées par les communautés.
En ce qui concerne les approvisionnements alimentaires, l’agriculture biologique :
- propose des prix à la sortie de l'exploitation supérieurs, qui tiennent compte des coûts
réels de production et des coûts liés à la conservation de l’environnement;
- permet aux petits exploitants de proposer des produits de qualité et des produits
alimentaires spéciaux;
- assure des approvisionnements alimentaires locaux dynamiques qui réduisent la
dépendance par rapport aux importations d’aliments et aux poussées d’importations;
- aide à réimplanter les systèmes alimentaires dans les zones où vivent les populations démunies souffrant de sous-alimentation.